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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 11:08

     La P102 est équipé d'un carburateur Gurtner type F de 15 mm de passage, et, à part son entrée d'air absente, son aspect extérieur laisse penser que son état est très correct. Voyons ça plus en détail. (clic droit sur les photos pour les afficher en grand)

 

Démontage et état des lieux.

     Un classique : le boisseau est très usé tout comme son logement dans le corps du carburateur, ce défaut à pour effet de dégrader fortement le suivi de richesse, en particulier au ralenti et à faible ouverture. Il faudra poser une frette et réaléser son logement.

 

     Le système flotteur, aiguille-pointeau et cuve est en très bon état, un petit rodage du siège suffira.

 

    L'écrou de fixation de la cuve au corps présente deux fissures, il faudra corriger ça.

 

     Le carré de manœuvre du porte-gicleur est fortement dégradé et ne permet pas son démontage, il faut dire qu'il a été serré de façon très exagérée, probablement avec un prise entre les mors d'un étau qui ont laissé des stigmates.

 

     Pour son démontage je réalise deux écrous fins de M12x100 que je monte en contre-écrou pour une meilleure prise. Avec une chauffe énergique du corps j'en viendrai à bout. Il faudra refaire la pièce ou la consolider.

 

     Voici l'objet avec son gicleur de 28.

 

     Horreur ! Voici ce qu'il reste de ce qui fut un vaporisateur : matraqué de tous les côtés, on devine le reste d'un taraudage interne dont je ne comprenais pas le rôle. Merci au club des Pétochons qui m'a permis de comprendre la constitution de ce système : il manque la vis percée qui fixe ce vaporisateur par dessous, la vis pression accessible de l'extérieur ne sert qu'à l'immobiliser lors du serrage. Il y a du travail en perspective.

 

     Au travail .

     Alésage du logement du boisseau. Opération périlleuse car la prise de pièce laisse un porte à faux important, d'où la nécessité de bien ajuster l'alignement, de réaliser un outil fin et rigide et surtout très bien affûté pour travailler par mini passes de 0.05 mm afin de ne pas induire trop d'effort dans la prise de pièce.

     Je ne "blanchis" pas la totalité de l'alésage pour ne pas trop affaiblir le filetage de fixation du chapeau de chambre, soit 16.35 mm pour 16 avant usinage.

 

     Manchonnage du boisseau. La prise de pièce par l'intérieur nécessite la réalisation d'un manchon expansible : quelques photos valent mieux qu'un long discours.

 

     Réalisation d'une douille ébauche, brasure à l'étain sur le boisseau et reprise d'usinage pour ajustement à 0.1 mm dans le carburateur (j'aurais mis moins 'il y avait eu un filtre à air) , je m'assure que ça coulisse bien.

 

     Il ne reste plus qu'à reproduire le profil de la coupe du boisseau ainsi que sa rainure de guidage, pour cette dernière le boisseau est positionné de façon précise sur le petit  étau, et la lame de scie s'appuie latéralement sur le mors, après deux passes il ne reste qu'un petit ajustement à faire avec une mini-lime.
 

 

     Mise en place de la barrette de guidage et vérification du bon coulissement du boisseau.

 

     Au tour du vaporisateur.

     Tout d'abord un relevé des côtes du puits.

 

      Pour comprendre ce qu'était ce "truc" et reconstituer son état originel, rien ne vaut une autopsie en bonne et due forme :

     - les perçages au nombre de sept sont convergents et font 0.50 mm de diamètre, ce qui dégage une section largement surabondante par rapport à celle du gicleur de 28.

     - on note la violente déformation de l'objet, côté intérieur les trous sont écrasés.

     - j'ai pu mesurer le taraudage interne : M7x100 (norme SI probablement)

 

     Après reconstruction du plan côté de la pièce, j'ai trouvé dans mon bor... zar une vieille vis en laiton ou en bronze qui provient de je ne sais où, je sens qu'elle va connaitre une deuxième vie.

 

     En fait, je ne vous l'ai pas encore dit, mais mon long passé en carburation me fait penser que ce type de "vaporisateur" ainsi réalisé a un effet plus psychologique que bien réel. Dans un carburateur, surtout dans le cas  d'un monocylindre, ce qui est important c'est le dosage du débit massique de l'essence par rapport au débit massique d'air, et ça c'est affaire de gicleur, de coupe du boisseau, de niveau de cuve, de profil d'aiguille, (quand il y en a une), etc. La vaporisation, l'homogénéité du mélange, tout ça c'est en aval que ça se passe : passage dans les soupapes ou lumières d'admission et de transfert, brassage dans le bas moteur.... OK si on est préoccupé par des soucis de dépollution fine, de stabilité rigoureuse du débit d'essence d'une admission à l'autre, de contraintes de bonne distribution entre plusieurs cylindres etc .... on peut s'acharner pour optimiser ce type de dispositif, encore faut-il disposer de l'instrumentation pour mesurer les effets, mais n'oublions pas qu'on est ici en présence d'un monocylindre deux temps de 1927 auquel on demande seulement de savoir démarrer et tourner sans histoire pour promener sereinement votre serviteur, donc pas de panique.

     Je vais quand même, par respect pour l'origine, réaliser les sept perçages de 0.50 mm mais il seront percés dans une tôle très fine (du clinquant en bronze de 0.05 mm qui trainait dans mon b..... ) qui sera ensuite brasée à l'étain.

 

     Il faut ensuite faire la vis percée qui manquait : diamètre 7 pas 100, ce n'est qu'une formalité.

 

     Et voici l'ensemble avec sa vis de pression

 

     Le porte-gicleur:

     Son carré de manœuvre n'est plus fonctionnel et le filetage du bas est assez usé.

     Un morceau de gicleur de ralenti Solex, fournira  un hexagone de 8 mm facile à prendre avec une clé standard, (six pans de préférence) l'assemblage sera fait par brasure à l'argent. Le filetage sera rafraichi en réduisant un peu son diamètre, ce qui n'est pas grave car l'écrou correspondant sera refait puisque fissuré.

 

     Un écrou.

     Je n'ai pas sous la main de profilé hexagonal à la bonne dimension, en commander en période de confinement prendrait beaucoup de temps, donc le six pans de 16 sera fait à la lime.

 

     Une entrée d'air :

     Je dois encore dire merci au club des Pétochons qui m'a permis d'obtenir un schéma côté de la pièce manquante. Il ne s'agit pas d'un cornet comme on le voit fréquemment mais une sorte de dé percé, tout rigolo, je tenais à l'avoir car je trouve que c'est un détail qui contribue au charme et à l'originalité de cette moto.

     Du rond de laiton, des copeaux et voici l'objet.

 

     Vue d'ensemble des pièces.

Carburateur Gurtner type F Peugeot P 102

Carburateur Gurtner type F Peugeot P 102

     Je lui aurais donné le bon dieu sans confession à ce tout petit bout de machin en bronze ... Tout a été réparable avec le moyens dont je dispose et c'est tout à fait ce qui me plait dans ce projet.

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commentaires

B
Impressionnant, j'ai hâte de voir tout ça de visu
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