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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 21:20

     Tous les éléments sont prêts : le faux condensateur qui assure la liaison mécanique entre bobine et plateau rupteur, le vrai en configuration CMS qui est monté sur le plateau rupteur, le charbon de retour de masse, la bobine qui a été refaite chez « Pièces allumages » ainsi qu’un touchau tout neuf. Depuis son démontage l’aimant est resté collé sur une plaque de fer épaisse pour éviter la perte d’aimantation.

     Petite vérification des valeurs de résistances primaire et secondaire : 3.9 KOhm pour le circuit HT et 1.1 Ohm* pour le primaire, soit des valeurs tout à fait standards.

* le dixième d’Ohm n’est pas garanti avec ce type de contrôleur.

                                   (clic droit sur le photos pour les agrandir)

 

     Lors du démontage je n’avais pas réussi à extraire la connexion HT au pick-up par peur de casser quelque chose, ce n’est pas grave la connexion sera faite sur l’ancien fil et soigneusement isolée.

 

     L’induit est assemblé et monté, je vérifie la bonne rotation sans point dur et le jeu axial qui est à peine sensible.

 

 

     Dans un premier temps je n’ai pas monté le touchau neuf qui nécessite une petite retouche de son profil pour pouvoir régler le bon écartement du rupteur.

     Premiers essais : l’étincelle est belle jusqu’à 4.5 mm à l’éclateur mais au-delà il commence à y avoir des ratés, en particulier à haut régime. C’est une valeur plutôt faible, l’aimant n’a certainement plus toute sa vigueur, et je tiens à vérifier la bonne synchronisation de l’ouverture du rupteur par rapport à l’arrachement magnétique.

 

     L'essai sur "ma" bougie test" au culot détouré et dépourvue d'électrode de masse est peut-être sévère puisque l'étincelle doit parcourir 10 mm en contournant la céramique, mais l'étincelle ne passe pas alors que mes autres motos passent ce test avec succès.

 

     Un détail ne me satisfait pas pleinement : la polarité de l’étincelle est mauvaise, il est en effet préférable que l’électrode centrale, donc la sortie HT de la magnéto soit négative. Pourquoi ? Parce que les électrons (négatifs) sont plus facilement extraits d’une zone chaude comme l’électrode centrale de la bougie bien plus chaude que celle de masse. C’est un peu comme le canon à électrons du tube cathodique de nos vieilles télé qui nécessitaient un réchauffage pour fonctionner.

      Comment changer la polarité ? Sur cette magnéto c’est chose simple, puisque la came est amovible, il suffit de la faire tourner d’un demi-tour de façon à exploiter l’alternance opposée du courant.

     Je profite de cette opportunité pour faire l’essai du crayon, bien connu des anciens, dont voici une description sur un document de Champion volé sur le web.

 

     OK, ça marche ... peut-être mieux quand l'oscilloscope a donné le résultat qu'on doit trouver avant de faire le test,  ... mais en s'intéressant aux étincelles les plus caractéristiques c’est assez convainquant, (mon crayon n'était peut-être pas assez gras comme préconisé). Notez que le fil HT issu de la magnéto est connectée à droite, et la masse est à gauche.

 

     Après correction de la polarité la longueur maxi d’étincelle est restée inchangée ce qui est normal puisque tout est à basse température

Relevés de tension primaire :

   Réalisation d'un bricolage maison : un frotteur relié à une borne isolée de la masse « pique » la tension sur la vis centrale de fixation du plateau rupteur, le tout est monté sur un collier serré sur le corps de la magnéto.

 

 

    Vérification du bon arrachement.

     Enregistrement à l’oscilloscope du courant primaire pour vérifier que la rupture est proche du maximum aussi bien à haut qu’à bas régime. C’est plus précisément la faible tension aux bornes du rupteur qui est enregistrée, en effet le rupteur même fermé présente une faible résistance de contact qui provoque une très faible perte de tension de la forme U = R.I que la bonne sensibilité de l’oscilloscope permet de visualiser.

     Je rappelle qu’il n’y a aucun dispositif de correction de l’avance à l’allumage, ce qui réduit les contraintes de respect de l’arrachement.

     On note que le courant est encore en phase de croissance lors du déclenchement de l'étincelle.

 

     Pour contrôler l'arrachement on profite du fait que la came tient en place le temps d'un essai même sans les deux vis de fixation, en la décalant angulairement dans un sens et dans l'autre on trouve la position optimale. Cette recherche peut très bien se faire sur le seul critère de la longueur maxi de l'étincelle.

     On obtient une légère amélioration en retardant légèrement l'ouverture du rupteur, le réglage définitif sera réalisé en décalant le bord d'attaque du touchau d'environ 4 d°

 

     Et puisque j'aime jouer au professeur Tournesol je vais tenter la ré-aimantation de cet aimant qui me parait bien faible.

     Essai avant : il faut prendre d'infinies précautions pour soulever ce galet d'acier de 3.4 kg sans le faire tomber( alors que le ridicule crochet en Néodyme posé à côté en soulèverait au moins quatre !). Je vais l'habiller façon défilé de mode d'une douzaine de mètres de fil électrique rose pour un électrochoc. Après les précautions d'usage muni d'une boussole** et quelques connexions brèves à la batterie de mon auto mazoutée ce même galet sera soulevé avec grande facilité, je n'ai pas fait de mesure précise mais je pense que la force d'attraction a été doublée. Youpi, ça marche.

** Le pôle Nord de l'aimant est repéré par un "N" frappé mais il ne faut pas oublier que le pôle Nord indiqué par une boussole est en fait un pôle Sud magnétique.

 

     Remarques :

     Je dois avouer que j'ai rencontré pas mal d'incohérences tout au long de ces essais sous la forme de résultats parfois aléatoires et ceci malgré de nombreuses vérifications, contrôles,  démontage et remontages : tout y est passé : résistances, isolements, contacts, condensateur, propreté des pistes, qualité des fils ...  Toujours est-il que j'ai fini par retrouver un fonctionnement stable comme au tout début de mes mesures sans trop savoir pourquoi, j'ai même eu des doutes sur mon éclateur qui m'a peut-être joué des tours, j'ai donc ressorti "ma bougie test" qui est pour moi une référence du bon fonctionnement et l'étincelle est maintenant belle et stable à tous les régimes.

 

     A basse vitesse de rotation on observe parfois un étincelage très léger au rupteur, l'enregistrement de la tension BT permet, en dilatant fortement l'échelle de temps (20µsec/carreau), de visualiser la  tension qui chute à zéro lors du passage de l'étincelle qui provoque un court-circuit entre les grains du rupteur, ce phénomène disparait dès que la vitesse de rotation augmente légèrement.

     L'explication est simple : dans les premiers instants qui suivent l'ouverture du contact, la différence de tension entre les grains augmente à la vitesse de la charge du condensateur, tandis que la tension supportable sans claquage entre les grains augmente à la vitesse de l'écartement des grains. Quand la vitesse de rotation est faible, les grains ne s'écartent pas assez vite et il y a un claquage électrique.Ce type d'étincelle est classique et sans gravité, on pourrait la supprimer avec un condensateur de plus grande capacité (charge plus lente) mais aux dépends de la  tension maximum réalisable par la magnéto.

 

     Le kick me tente et j'ai la savate fébrile, vite, je remonte la fourche et la roue avant pour pouvoir poser la moto de façon sérieuse. Les quatre axes neufs que j'ai tourné dans du XC 48 vont prendre du service.

 

     Les commandes d'accélérateur et de décompresseur ont été placées au guidon, un mini réservoir de carburant, un coup de kick ... non deux et il a démarré .... Pour être honnête les tentatives suivantes n'ont pas été aussi glorieuses, il semble que même en titillant l'essence a du mal à arriver au moteur et quelques gouttes mises directement dans le cylindre aident bien, il y a encore un peu de mise au point à faire, ça tombe bien je craignais de m'ennuyer .

 

 

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commentaires

M
Bonjour,

Je viens d'acquérir la même moto que la vôtre. Félicitations pour le travail d'orfèvre que vous faites sur cette machine. Je cherche à identifier ma moto. Savez vous ou se situe le numéro du cadre et le numéro du moteur svp?

Cordialement

Hervé
06.11.76.31.10
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F
Pour le moteur, c'est frappé sur le carter alu au niveau de l'embase côté droit vers l'avant. Pour le cadre, frappé en haut du tube dans lequel est fixée la selle, côté gauche.
P
Ca fait plaisir d'entendre le bruit mélodieux d'un vieux moteur, hein?
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