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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 18:42

     L'été est fini, la saison des sorties hebdomadaires aussi, il est temps de reprendre la restauration de l'ULtima, en avant pour les freins.

     Comme c'était l'usage à cette époque, le freinage est fait par des patins sur la poulie-jante : un patin commandé au pied frotte l'intérieur de la gorge et un patin "en creux" opposé au premier serre l'extérieur de cette gorge.

     État des lieux : l'ensemble est oxydé mais complet, le porte patin commandé au pied est cassé. Les garnitures des deux freins, faites de cuir, sont très usées voire absentes.

     Est-ce que l'utilisation de cuir est conforme à l'origine ? On peut penser que oui puisque cette moto semble n'avoir fait que peu de kilomètres et que les rivets de fixation semblent être d'origine. Il me semble qu'à cette époque la matière comme le Fibrax (qu'on trouve encore) était préférée au cuir.

    Le mécanisme du frein au pied est en bronze tandis que celui du frein à main est en acier mais leur aspect extérieur après nickelage est le même.

     Les patins sont solidaires d'un axe qui se déplace radialement par rapport à la poulie-jante.

 

 

    Remarques qui n'engagent que moi.

     1 - Je suis étonné que les concepteurs n'aient pas réalisée une commande, à câble ou à tringle, qui aurait commandé les deux patins simultanément, par exemple avec un câble qui tire un patin et la réaction de gaine qui appuie sur l'autre, l'efficacité aurait été doublée (même si zéro multiplié par deux ça fait toujours zéro 😂!). On aurait pu maintenir deux commandes, une au pied et l'autre à la main pour garantir la sécurité en cas de défaillance de l'une d'elles.

     2 - Les patins non articulés mais guidées par une glissière, se déplacent radialement et sans jeu dans le plan médian de la poulie-jante, cette cinématique ne tolère pas les erreurs de circularité et de voile de la poulie jante, un montage sur un support articulé avec un peu du jeu aurait permis aux patins de "suivre" la gorge au gré des ses imperfections géométriques. Sur ce montage les risques d’arc-boutement en cas de faux-rond et de contrainte latérale en cas de voile sont importants.

     3 - Le mécanisme de frein à main doit être démonté chaque fois que l'on veut sortir la roue arrière.

     Au travail :

    Le frein à pied.

     On voit les couches de cuir assemblées entre elles par des clous et fixées au porte-patin par deux vis en acier de 5x100 (ou quelque chose proche en pouces).

   Le point d'appui de la tige de commande constitue un point faible : il est cassé. Une tentative de réparation chez un pro de la soudure alu n'a pas réussi, j'en refais un plus costaud dans un bloc de dural (ici encore en ébauche).

     La tige de poussée de diamètre 9 mm est bien oxydée, je préfère la refaire avec son filetage de 9x125 (ou proche en pouces).

     Les vis de fixation des colliers ont vraiment souffert, je les refais en inox.

 

     Présentation après un nettoyage sommaire.

 

     Et puisque le cuir semble être le montage d'origine, ne faisons pas d'entorse à l'authentique.

     Une ceinture, prise de vide-grenier, jamais servi, en cuir bien épais, me sert de matière première. Les languettes de 18 mm de large sont collées entre elles et taillées au bon angle avec un cutter guidé par un fer plat à la courbure ajustée sur la languette intérieure. (la largeur maxi de la courroie est de 17 mm)

 

     Avant la fixation définitive avec deux vis en laiton, le support en aluminium a subi quelques ajustements. Je barde l'ensemble de petits clous comme à l'origine.

 

     Vérification, tout porte bien il reste une bonne garde au fond de la gorge de la poulie

 

     Le frein à main.

     Son mécanisme d'aspect extérieur identique à celui du frein au pied est en acier et non en bronze. Le patin en creux serre l'extérieur de la gorge de la poulie-jante. La tige de commande me semble récupérable. Là aussi la garniture en cuir est à moitié absente mais semble d'origine car ses rivets de fixation ne semblent pas avoir été changés. Les quatre vis des colliers de fixation sont récupérables.

 

     Les rivets on sauté, je fais un collage à l’araldite d'une bande de cuir épais avant la pause des rivets définitifs.

 

     Les rivets standards en cuivre ont été adaptés aux bonnes dimensions et recuits.

 

     Présentation des pièces et vérification fonctionnelle, tout semble bon il ne reste qu'a polir et nickeler.

 

.

     C'est le tour du nettoyage et polissage, opération fastidieuse quand on ne dispose que de moyens limités : le tour dont les parties "sensibles" sont protégées sert de tour à polir, les pièces sont d'abord limées sur toute leur surface pour éliminer les cratères de corrosion, après de longues heures c'est presque prêt, le polissage final ne sera fait que peu de temps avant les trempages dans les électrolytes pour limiter les risque d'oxydation.

 

     Après cuivrage des pièces en acier.

 

     Du vinaigre blanc, une anode et une cathode en nickel pur, l'alimentation est réglée à 14 Volts, après quelques heures la soupe est devenue couleur menthe à l'eau, le nickelage peut commencer, la pièce à nickeler est reliée au plus le courant est de l'ordre de 0.5 Amp sauf que ..... l'anode n'était pas très propre, le nickel n'était pas beau, j'ai dû revoir ma copie avec une anode neuve.

 

     C'est comme neuf, je sens qu'il y en a certains qui vont se faire "piquer au freinage" !

 

      Je savais dès le départ que la restauration des freins serait une phase assez longue, je ne m'étais pas trompé.

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commentaires

M
Super boulot comme d'habitude.<br /> quand à l'efficacité du freinage,pour avoir un système similaire sur ma Terrot type F de 1925,je crois bien qu'avec une bonne paire de chaussures cloutées,et en serrant bien les fesses en cas de freinage d'urgence...<br /> <br /> Mark
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C
Belle leçon de choses, merci.
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M
Bravo Henri<br /> Tu peux foncer maintenant, avec la puissance d'arrêt (2 x 0 !!!) tu es tranquille<br /> Super travail, allez à l'étape suivante!
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P
Je m'attendais a ce que tu fasse une entorse a l'authentique et opte pour la modification de commande des 2 patins simultanément avec "étrier" flottant. C'est quand même plus logique.
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F
Et oui, plus logique, on en a parlé mais je tiens à respecter l'origine, et puis "faites pour rouler" ce n'est pas "faites pour freiner" :)
C
Salut Henri.<br /> Bon boulot comme d'habitude.....<br /> Mais j'ai tout de même ( tu me connais bien maintenant....)......une question qui me brûle la langue......: est-ce que ça freine ???? Car , au delà de lincontestable sujet aspect/ esthétisme que tu maîtrises parfaitement c'est tout de même le but premier de tels organes,non ? <br /> Merci de ton retour. <br /> Bonne continuation. <br /> Au plaisir de te revoir. <br /> Salutations auvergnates.<br /> Pierre
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F
Je te répondrai quand elle prendra la route ... et les descentes :) . Les patins en cuir, j'ai des doutes, mais un 350 cc à quatre temps ça doit avoir du frein moteur ......