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14 octobre 2026 3 14 /10 /octobre /2026 21:10

     Analysons plus en détail cette magnéto d'origine Moto Rêve.

     Il ne faut pas rêver : elle ne produit plus d'étincelle même si l'arrachement magnétique est très sensible.

   On l'a déjà noté : elle est "à induit tournant" mais son condensateur est fixé à l'intérieur des branches de l'aimant en  fer à cheval. La liaison électrique avec ce condensateur est réalisée par un balai qui frotte contre l'axe de la magnéto.

 

     En avant pour le démontage.

     Tout comme pour les différents éléments du moteur je suis surpris par l'utilisation de visserie de diamètre très faible, (tradition horlogère?) serrées de façon redoutable. Bien sûr on est loin des normalisations SI ou ISO, je dois prendre d'infinies précautions pour ne pas dégrader les têtes de vis.

      Le plateau rupteur est vissé sur l'axe avec un pas à gauche. Une vis radiale l'immobilise en rotation. L'extrémité de cette vis vient se loger dans un avant-trou pour garantir l'indexation du plateau rupteur par rapport à l'arrachement magnétique. Malheureusement ce plateau a probablement été dévissé sans dégager complètement la vis ce qui a endommagé le filetage.

 

    La commande d'ouverture du rupteur n'est pas réalisée par un came mais par deux galets disposés à 180 degrés., l'un d'eux est légèrement grippé. La vitesse d'ouverture du rupteur en dixièmes par degré me semble élevée, je pense en faire la mesure plus tard. Ces galets sont fixés sur une couronne ajustable en rotation pour régler l'avance à l'allumage .... Tiens tiens, et si je faisais une commande d'avance au guidon ?

 

    Une connexion par fil assure la liaison électrique entre l'axe de la magnéto et le rupteur. Par contre je ne vois pas de trace de la connexion sur l'axe qui présente 4 fines fentes ?

 

   Extraction de l'induit.

    Les flasques en bronze portent les paliers en acier. Le palier du côté du rupteur est équipé d'un huileur. On peut penser que le brouillard d'huile présent dans le carter de distribution garantit la lubrification de l'autre palier. La rotation de l'induit se fait sans jeu sensible. 

 

     Un pick-up HT est cassé, je devrai en refaire un, cette pièce de révolution devrait être facilement faisable au tour.

    Pas de continuité entre le fil HT et la piste ...

     Le retour de masse de la HT se fait par les paliers (certainement moins vulnérables que des roulements à billes)

     L'induit porte le N°  4798  et respectivement  525 et 116 au niveau des flasques. Le N° 116 est aussi gravé sur le plateau rupteur. Il y a aussi un marquage "CP" ou "GP" sur l'armature.

 

     Un seul coup d’œil suffit pour comprendre que cette magnéto a besoin d'un rebobinage et d'un nouveau condensateur. Je pense conserver le look du condensateur extérieur fixe en positionnant un mini condensateur CMS sur le plateau rupteur.

     Par curiosité je me lance dans des mesures électriques sur ce moribond :

     -   impédancemètre pour les inductances, capacités et résistances.,

     -  milliohmètre pour la faible résistance du primaire (bien utile aussi pour la résistance de contact des rupteurs).

     - testeur de parafoudre pour déceler un passage de courant par claquage d'isolant jusqu'à 600 volts. (bien utile pour tester l'isolement des condensateurs)

     -  oscilloscope pour mesurer le rapport de transformation en alimentant le primaire en 1.5 V alternatif.

     Résultats.  Entre parenthèses et itallique les valeurs trouvées sur la magnéto MEA  de ma P 102 rebobinée par "Pièces allumage"

     Primaire  L= 1.65 mH (1.62 mH)  R = 0.392 Ohm (0.41 Ohm)

      

Secondaire (HT) R= 1.65 kO  (3,840 kO)     L = 5.046 H (> 20 H)

     Condensateur. C = 323 nF ( 220 nF) Résistance série = 8.6 Ohm Pertes 9.8 %

                              Tension de claquage : 10 volts seulement (> 600 V). On est en droit de se demander si ça a un sens de faire des mesures sur ce vieux machin!

     

     Rapport de transformation. R = 36 ( 58 sur la magnéto Bosch de la FN)

 

    On peut penser que le secondaire est partiellement en court-circuit et que seule une partie des spires est utilisée ce qui explique une inductance, une résistance et un rapport de transformation inférieurs aux valeurs standards. Les spires en court-circuit "consomment" une grand partie de l'énergie du primaire ce qui pourrait expliquer que en alimentant le primaire avec une pile je ne produit même pas une petite étincelle.

    Encore des mini-vis pour ôter la "bobine" du pick-up HT et les flasques. 

     Étonnant cette "prédisposition" pour une autre connexion HT  ??

 

      La bobine sera confiée à " Pièces Allumage pour sa remise à neuf.

 

     A suivre. (mais soyez patients,  l'entretien courant des autres motos est prioritaire pendant l'intersaison, en particulier Pétronille dont le moteur a besoin d'une sérieuse révision)

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8 octobre 2026 4 08 /10 /octobre /2026 17:32

     Le voila enfin sur l'établi. Par précaution, depuis son acquisition toute la visserie a été copieusement et régulièrement inondée de dégrippant et j'ai réalisé un support pour faciliter les opérations. 

    Il porte le numéro 777 ce qui semble confirmer sa date de fabrication à 1907 ou 1908.

    Le carburateur FN date de 1904 selon certains connaisseurs de la marque. Sur les motos FN il est distinct du boîtier papillon. (photo volée sur Reynaud en page 189 ).

     Un papillon a été bricolé entre carbu et pipe d'admission.  

 

     Démontage du support d'arrêt de gaine du lève-soupapes. J'aimerais bien voir le tournevis qui a été utilisé pour serrer ces vis à la tête inaccessible  ! 

     Ce montage ne me plait pas du tout car il bride les cylindres l'un à l'autre par les ailettes très minces. Des cylindres ça vit, ça vibre, ça se dilate et ça met cette liaison sous contrainte, ce montage est conçu pour casser les ailettes, et d'ailleurs .... 

     Sur les moteurs ultérieurs le système a évolué, il n'est fixé que sur un seul cylindre et la commande se fait via un levier intermédiaire.

 

     Démontage des cylindres.

     Ils sortent sans difficulté laissant apparaître des pistons en très bon état sans rayures. Les têtes n'ont qu'une fine couche de calamine, les pieds de bielle n'ont pas de jeu et les têtes de bielle semblent aussi sans jeu excessif.

     L'excellent article du Motocyclettiste N° 51 décrit une première version de ces pistons dont l'axe était immobilisé par des vis traversant la calotte, ici c'est un système vis et  goupille fendu qui immobilise l'axe.

    Les alésages des cylindres semblent aussi parfaits et la chambre de combustion est relativement propre.

     Bien sûr tout cet ensemble fera l'objet d'une métrologie méticuleuse pour confirmer mes impressions.

     Soupapes.

     Il y a un peu de rouille superficielle sur le boîtier d'admission du cylindre arrière et un ressort d'échappement est cassé mais les soupapes et leurs sièges sont en  excellent état.  

 

     Au tour de la pignonnerie si particulière avec ses pignons excentrés pour entraîner la magnéto, je ne manquerai pas de détailler ce fonctionnement ultérieurement.

     Les 17 vis de 3x75 se dévissent sans difficulté. 

     Il a des repères sur les pignons mais j'ai des difficultés pour comprendre leur utilisation, peu importe, quitte à avoir une belle prise de tête au remontage, je démonte tout ça. Comme pour la poulie de transmission les accouplements avec les axes sont carrés : ni cône ni goupille.

 

     La magnéto.

     Elle s'enlève facilement. J'aurai l'occasion de revenir sur cette curiosité signé Moto-Rêve : induit tournant et condensateur externe ! Le N° 51 du Motocyclettiste nous dit que le condensateur solidaire de l'induit tournant a vite remplacé cette solution.

 

     Séparation des demi-carters.

    Attention, les faces d'appui de la poulie ont un peu maté l'axe, il faut absolument enlever la bavure sinon on laboure la bague bronze en sortant le vilebrequin.

     La séparation des carters permet de dégager le minuscule arbre à cames qui est dans un état proche du neuf tout comme les poussoirs.

 

     Les bielles sont dans le même plan, la bielle arrière a une tête à fourche.

 

     Voila un début très prometteur. De toute évidence ce moteur n'a pas été beaucoup utilisé. Après nettoyage et métrologie des pièces je pense m'en sortir sans gros travaux. Il est probable que l'embiellage n'ait pas besoin d'être désassemblé.

     Je devrai faire une adaptation propre (provisoire ?) du carburateur de FN. Bien sûr la magnéto recevra tous les soins qu'elle mérite.

     A suivre.

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11 juin 2026 4 11 /06 /juin /2026 18:59

     Le marteau d'ivoire est tombé, le monsieur a dit : "adjugé" et moi, à 600 km de là, fébrile devant l'écran de mon téléphone, j'ai compris que le rêve venait de se réaliser.

     Une Moto Rêve de 1908, bicylindre, 270 cc, allumage par magnéto haute tension, soupapes d'admission automatiques, un beau jus, tout ce que j'aime et, détail non négligeable de nos jours, elle a son "carton".

     Il y a quelques manques, et quelques non-conformités, mais je n'ai pas eu de mauvaise surprise à la réception : tout apparaissait sur les photos, c'est donc en connaissance de cause que j'ai joué le jeu. Pas de vices cachés, le moteur n'est pas bloqué, la remise en état me semble être tout à fait à ma portée. Je prévois deux hivers à mon rythme de retraité pour tout mettre en ordre.

     Non mais regardez-moi ce petit moteur comme il est chou, on a envie de le planter sur un bâton de sucette et le mettre dans la bouche !

 

     Sauf erreur (probable) de ma part : 

    - Moto Rêve est une marque suisse qui a vécu de 1904 à 1924, et qui, semble-t-il, se "tirait la bourre" avec sa voisine Motosacoche.

    - Les premiers modèles utilisaient un cadre d'origine BSA. Le pédalier de celle-ci porte bien les lettres BSA. On trouve sur le web des photos de modèles antérieurs avec un cadre plus typé vélo, dont les tubes issus de la colonne de direction et de la selle forment un angle aigu sans arrondi sous le moteur pour l'abaisser.

     - je crois que c'est en 1910 que le cadre a été renforcé, qu'une suspension (?) a été ajoutée et que le débrayage s'est fait par un levier qui commandait la tension de la courroie.

     - Moto Rêve a beaucoup été exportée, en Suède et en Angleterre ... et probablement ailleurs.

     Examen de la chose avant démontage.

     La suspension avant n'est là que pour la décoration, elle ne "suspensionne" rien puisque l'axe de la roue est porté par la fourche d'origine qui est rigide. En 1908 il n'y avait pas de suspension, il y a donc des kilos superflus à gagner.

     Le tendeur de courroie est absent mais ça ne me fait pas peur, j'ai déjà dû en réaliser un pour mon Ultima, . Reste à définir si je prévoirai une commande au guidon pour faire la fonction de débrayage.

     Il y a à l'arrière un frein dont je comprendrai le fonctionnement le jour où je le démonterai. Accessoire d'époque ou bidouille ultérieure, je n'en sais rien. Je n'ai pas noté de marque, juste un numéro suivi de : "breveté SGDG". S'il ne s'avère pas trop anachronique il sera maintenu.

     Pas d'autre frein si ce n'est une bidouille de patin sur poulie-jante que j'ai déjà supprimée. A voir si je dois adapter / réaliser un frein sur poulie-jante (existait-il en 1908 ?) ou un frein du genre frein de vélo sur la jante.

     Une foule de détails non critiques m’occuperont bien : colliers de support du moteur absents, garde-boue à ajuster, béquille fantaisiste, de la rouille superficielle ..... C'est le lot de tout restaurateur d'ancêtre.

     Non-conformité plus marquante : le carburateur devrait être de la marque Moto Rêve sur le côté droit du moteur alors qu'il y a une adaptation, à gauche, d'un carburateur estampillé "FN"provenant d'un modèle de 1904 ou 1905. Ce n'est pas vraiment choquant car ce n'est pas anachronique, mais si je trouve une opportunité pour faire un échange j'en serai ravi, parfois les rêves se réalisent ....

     J'étais curieux de voir le fameux système d'entraînement de la magnéto typique des Moto Rêve. Je me suis empressé de démonter le carter de distribution. Tout y est : la cinématique comprend l'engrènement de deux pignons excentrés qui font varier la vitesse de rotation de la magnéto au cours du cycle moteur. Ce système permet de compenser l'angle de 60° des cylindres et bénéficier du meilleur arrachement magnétique de la magnéto à 180°. Je suis émerveillé par ce genre de particularité.

 

C'est sûr, le pépé va bien s'occuper pendant l'hiver.

      Quand  à vous affûtez vos Vélosolex si vous ne voulez pas bouffer ma poussière.

     Je remercie particulièrement JLL qui m'a conseillé et a rapidement trouvé l'origine du carburateur de FN.

 

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