Tout d’abord je dois vous avouer que la semaine dernière nous étions partis pour une virée du côté de Saint-Guilhem-le-désert, Arboras, la petite route des Lavagnes, la vallée de la Buèges…
Tout, absolument tout était prêt : la moto, le pilote, sa passagère, les cuirs, les casques, la bonne humeur…La moto? elle n’attendait que ça. A peine le doigt appuyé sur le bouton du démarreur, elle a démarré…….sauf que…le démarreur, lui ……il ne s’est pas arrêté…enfin…si, il s’est arrêté…quand la batterie, au bout d’une grosse minute, toute bouillante suite à l’effort fourni, avait déclaré forfait.
La promenade était pas mal, mais en voiture moderne…comment dire….ça a beaucoup moins de charme.
Heureusement c'est devant la porte de la maison que dame BM a manifesté cette saute d’humeur. Si vous connaissez la route des Lavagnes, entre Arboras et Pégairolles de Buèges, vous comprendrez qu'une panne à cet endroit là aurait été quelque peu désagréable.
Ce fut pour moi l’occasion de faire un peu de mécanique et de nettoyer ce « lanceur » encrassé par les projections d’huiles issues d’un joint Spi de vilebrequin fatigué, changé il y a deux ans. J’ai réalisé à cette occasion que j’aurais peut-être mieux fait de ne jamais réparer ce joint car l’huile projetée depuis des années, qui n'était plus renouvelée depuis la réparation, avait séché en formant un magma solide qui a pris un malin plaisir à tout bloquer.
Cette fois-ci nous allons rejoindre les Cévennes (et oui, on ne se refait pas) en passant par la garrigue : Saint-Mathieu-de-Tréviers, Pompignan, Saint-Hippolyte-du-Fort.
Les gens qui parlent dans le poste avaient dit :
« Veille de week-end de Pentecôte égale journée rouge avec plein de monde sur les routes »
Heuuuu….où ça le monde ?
Ils avaient dit : « après les mois d’ avril et de mai humides, les nappes phréatiques sont reconstituées….
Ils auraient quand même pu laisser un peu d’eau dans les rivières !
On ne les écoute pas, on roule.
Pétro’s lady file aussi vite que son ombre.
C’est tellement beau qu’on revient sur nos pas pour vous faire profiter du paysage.
Une belle descente nous attend.
Et un demi-tour pour repartir vers Pompignan
Arrêts fleuris.
Ca roule pour nous.
Arrêt à Saint Hippolyte-du-Fort.
Je suis toujours outré de voir qu’on laisse ces vieux bidules ronds d’un rouge et bleu fatigués, accrochés sur ces beaux murs de pierre, c’est d’un goût parfaitement déplacé, ça gâche la photo, j’étais à deux doigts de refuser de me garer dessous.
Ensuite, nous sommes retournés en pèlerinage à Montoulieu, au restaurant « l’Alzon » que nous avions découvert à l’occasion de notre tour du Gard avec Pétronille et la FN il y a un an déjà.
C'était bon!
Pendant sa sieste « j’espinchoune » la BM au travers d'un trou dans le tronc d'un mûrier plus que centenaire.
Et c’est reparti par La Cadière, Cézas, Saint-Roman-de-Codières…. des noms que les amoureux du critérium des Cévennes connaissent par coeur. (ça vous laisse imaginer le type de routes)
Le Col du Lac surplombe Sumène sur fond de massif de l’Aigoual.
En avant pour une autre belle descente.
Un vieux parapet fleuri, une vieille maison écroulée, une petite route bien sinueuse: ce sont les Cévennes et moi, j’aime ça.
Une dernière pause à Lasalle.
En pareil cas, les « pisse-vinaigre » formatés oublieraient les émotions qu’une si belle sortie a pu éveiller en eux et ne sauraient pas savourer l'intensité du moment, leur côté moralisateur reprenant le dessus, comme pour se faire pardonner, ils se croiraient obligés d’ajouter le commentaire réglementaire appris par coeur: « à consommer avec modération »…les pauvres ils ne savent pas de quoi ils se privent.
Et non ce n’était pas la dernière halte, il était trop beau ce pont sur la rivière asséchée vu lors du trajet de départ. (pas réglementaire la hauteur du parapet!)
Je récupère Petro's lady, la photographe, pour la dernière étape.
C'est quand même bien une moto avec un démarreur qui fonctionne sans vider la batterie.
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